Hommage à Jean-Mathieu MICHEL, Maire de Signes

 

Hommage à Jean-Mathieu MICHEL, Maire de Signes

La Commune de Champlan et son Maire Christian LECLERC sont profondément touchés par l’annonce du décès tragique de Jean-Mathieu MICHEL, Maire de Signes dans le Var, tué en voulant empêcher qu’une camionnette déverse des gravats illégalement sur sa commune. C’est avec une vive émotion qu’à l’instar des autres communes de France, nous rendons hommage à cet édile et mettons le drapeau de la Mairie en berne.

Ce qui vient de se passer à Signes reflète malheureusement l’extrême solitude des maires qui sont confrontés très fréquemment aux problèmes des dépôts sauvages et à de nombreuses situations d’incivilités qui peuvent dans les faits dégénérer rapidement. En effet, nous sommes trop souvent exposés, en première ligne à faire face seuls à ces voyous pollueurs sans aucuns scrupules et qui ne risquent jamais rien car trop rarement poursuivis et condamnés.

Face au désengagement constant de l’Etat et au recul de notre société qui ne sait plus gérer les situations de non droits depuis déjà trop longtemps, il est facile de dire que ces problèmes sociétaux relèvent de la seule responsabilité du Maire dans le cadre de son droit de police. Sur le terrain, au quotidien, l’édile se retrouve tout seul, sans l’aide de la communauté d’agglomération dont il dépend, encore moins des services de l’Etat, et cela peut mal se terminer comme pour notre collègue Maire de SIGNES Jean‑Mathieu Michel, dévoué depuis 1983 à sa population et à la protection de son territoire.

C’est une honte pour notre République qu’il paye ainsi de sa vie son engagement pour le Bien commun et pour son prochain !

La lutte contre les dépôts sauvages est un fléau qui abîme le paysage, porte une atteinte violente et souvent irréversible à la biodiversité et aux écosystèmes, car les pollutions sont souvent présentes dans les sols et sous-sols pendant plusieurs dizaines d’années et sont nocives pour les populations.

La réponse pénale n’est pas du tout adaptée à ces situations et n’est pas dissuasive. Les auteurs, même pris sur le vif en flagrant délit, avec procès-verbal de police municipal, dans le meilleur des cas doivent s’acquitter d’une simple amende de 35 € et nous pouvons témoigner que très souvent ces dossiers sont classés sans suite par des parquets débordés et en sous-effectifs.

Des solutions existeraient il me semble : Il faudrait en premier lieu faire évoluer la loi et appliquer une amende forte, réellement dissuasive de 5000 € pour l’entreprise donneuse d’ordre, et de même montant pour le conducteur du véhicule complice qui réalise l’infraction. Egalement une confiscation immédiate des véhicules par mise en fourrière, ces biens servant de caution pour la complète remise en état des terrains souillés par les personnes incriminées, en cas d’inaction ou d’insolvabilité l’Etat se chargerait de la vente des biens saisis et d’en récupérer le produit. Ce levier aura à la fois un effet dissuasif immédiat et permettrait que le produit de la vente des véhicules soit reversé à la commune concernée sous forme de contribution pour dépolluer et reboiser son territoire. A l’heure du réchauffement climatique, prenons enfin des mesures courageuses et utiles. Souhaitons vivement une prise de conscience et un arsenal législatif à la hauteur des problèmes que nous connaissons sur le terrain. Est-il normal qu’un Maire puisse perdre la vie en remplissant son rôle et en agissant là où personne ne le fait plus au niveau de toutes les couches du mille-feuille administratif français ?

 

Le Maire

Christian LECLERC

 

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